UC Communiqué

A L’ATTENTION :

des organes d’information,
de la Communauté Genevoise d’Action Syndicale et de ses composantes
des partis Les Vert.e.s, Socialiste, EàG, du Travail et SolidaritéS,
des Collectifs pour la grève des femmes et féministe et de la grève pour l’avenir
d’Extinction-Rébellion, de Break Free, des Jeunes Vert.e.s, des Grands parents pour le climat, APRES-GENEVE Chambre genevoise de l’économie sociale et solidaire

Genève, le 10 février 2021

Concerne : ordonnances pénales contre une quinzaine personnes

Madame, Monsieur, chère amie, cher ami,
Fin octobre dernier, la plateforme Urgence-Convergences* avait lancé un appel à une manifestation de rue le 14 novembre 2020 sous le titre « Sortons de la crise par le haut ».

Dûment contactés, les services de police avaient donné leur accord de principe pour la tenue de cette manifestation et une réunion s’était tenue avec une délégation de la police afin d’en définir les modalités pratiques.

L’aggravation de la situation sanitaire nous a par la suite incités, par mesure de prudence et par sens des responsabilités, à reporter la manifestation de rue à une date ultérieure et à la remplacer par un petit « itinéraire des crises » destiné à pointer des lieux symboliques de la détresse sociale que subit une partie de la population.

C’est ainsi que le vendredi 13 novembre nous avons tenu des courts piquets devant l’Hôpital cantonal, l’Office des poursuites, la Régie Pilet et Renaud, l’Usine et l’Office de l’emploi.

Lors de chacun de ces piquets, nous étions rassemblé.e.s par groupe de 5 personnes au maximum, respectant les gestes barrières et les consignes de sécurité sanitaires. Une personne s’est exprimée pour préciser les difficultés spécifiques que rencontrent les personnels hospitaliers, les chômeurs.euses, les personnes qui n’arrivent plus à payer leurs factures, le monde de la culture ou encore les locataires.

Ces moments ont été filmés et diffusés sous forme de courts spots sur les réseaux sociaux. Lien ici :

https://www.facebook.com/urgenceconvergences

Or, lors de leur tenue, les services de police ont fait preuve d’une intervention démesurée, en procédant, sans aucune justification, au contrôle de l’identité des participant.e.s.

Au début de ce mois de février, une quinzaine d’entre elles.eux, se sont vu.e.s notifier une ordonnance pénale qui les condamne à une amende de 100 francs, assortie de 60 francs d’émoluments, soit 160 francs, pour s’être trouvés « dans un rassemblement de plus de cinq personnes dans l’espace public ».

La plupart de ces militant.e.s ont fait opposition à cette ordonnance dans le délai légal imparti de 10 jours et qui échoit ce 10 février.

En effet, cette mesure nous paraît non seulement disproportionnée, mais constitue un précédent grave en matière d’exercice des droits fondamentaux, un précédent qui pourrait être invoqué pour légitimer des limitations ultérieures à la manifestation d’opinions critiques.

Lors du deuxième piquet, un officier de police a insisté sur le fait qu’il considérait que les trois groupes n’en formaient qu’un seul, puisque que nous étions là « pour la même raison ».

L’appréciation est totalement arbitraire, car ce critère pourrait autant s’appliquer aux personnes dans la queue devant le un bureau de poste, à des promeneurs dans un parc et bien d’autres situations.

Par gain de paix, nous avons accepté de faire les trois derniers piquets avec un seul groupe de cinq personnes (vidéaste inclus).

Ce sont justement les personnes qui ont pris part à ce troisième piquet à proximité de l’Office des poursuites qui font l’objet aujourd’hui des ordonnances pénales prononcées par le service des contraventions le 1er février.
Nous tenons également à souligner que toutes les personnes qui ont participé aux piquets portaient tout au long de l’action un masque de protection ainsi que l’exige la prudence sanitaire.

Le caractère arbitraire de ces amendes est d’ailleurs corroboré, à la lecture de la presse qui nous a appris que, le lendemain, 14 novembre, quelques centaines de personnes ont pu défiler sans masques de protection à travers Genève, sans apparemment faire l’objet du même « zèle » de la part des forces de police.

La même chose semblerait, d’après les médias, s’être reproduite le 4 février lors d’un rassemblement devant le Département de l’instruction publique (DIP) d’une soixantaine de personnes ne portant pas de masque.

C’est pourquoi, d’une part, nous demandons instamment des explications sur les raisons de ces flagrantes inégalités de traitement et, d’autre part nous contestons toutes les ordonnances pénales infligées dans le contexte de notre mobilisation.

Nous invitons aussi bien la presse que les forces organisées, groupes, collectifs et associations qui recourent régulièrement à l’exercice des droits démocratiques à interpeller le Conseil d’Etat et à soutenir la démarche de contestation des amendes.

Pour Urgence Convergences :

Manuela Cattani, Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs SIT
Paolo Gilardi, Syndicat des services publics SSP-VPOD
Jocelyne Haller, SolidaritéS, députée Ensemble à gauche
Olivier de Marcellus, Break Free
Anne Michel, Collectif pour la grève féministe
Jean Rossiaud, député Les Vert.e.s
Michel Stampone, Extinction-Rébellion

Pour contact : Paolo  Gilardi 076 389 97 11

info@urgence-convergences.ch

https://www.urgence-convergences.ch/journal/

https://www.facebook.com/urgenceconvergences

*Fondée le 5 octobre dernier, Urgence-Convergences regroupe notamment, le collectif pour la grève féministe, les syndicats SIT, SSP et SSP trafic aérien, les partis Socialiste, les Verts et solidaritéS, Extinction Rébellion, BreakFree, les Jeunes Vert.e.s, l’association des grands parents pour le climat, APRES-GENEVE chambre genevoise de l’économie sociale et solidaire.

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